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News

Le 21 octobre 2020 - la rencontre consacrée à la crise politique en Biélorussie

Le 21 Octobre 2020, le Club français a organise la rencontre en ligne avec Olga Belova, David Teutrie et Vitaly Dymarsky. Le thème du débat etait "La résistance non-violente dans la politique : le cas de la Biélorussie en 2020".

Le récents évènements en Biélorussie sont un cas d’étude particulièrement intéressant, aussi bien par rapport aux origines de ce mouvement de contestation, qu’aux tentatives de résolutions mises en place par le pouvoir. Dans le contexte de la 6ème élection présidentielle, le renforcement du sentiment d'opposition est logique, mais n’explique pas entièrement l’émergence de manifestations non-violentes.
Aussi, pourquoi un conflit local suscite-t-il autant d'intérêt dans la communauté internationale ? Olga Belova, David Teutrie et Vitaly Dymarsky, nos intervenants présents lors de notre dernière conférence, ont tentés de répondre à ces questions.

Les manifestations en Biélorussie sont une lutte contre la légitimité perdue du président Loukachenko. En ce sens, la désignation du Conseil de coordination et de ses dirigeants comme des criminels s’inscrit dans une manœuvre du président pour augmenter sa légitimité. La protestation des médias d'État a été rapidement réprimée, et l’agenda du président organisé comme une lutte contre une minorité dangereuse et antipatriotique. Cependant, les manifestations en Biélorussie viennent d’origines politiques et sociales très diverses. Par conséquent, il est difficile de composer une réponse pour chaque pas de l’opposition, l’exemple de la manifestation des retraités ou de la marche des femmes pour la paix en sont la preuve. En outre, la possibilité d'organiser des manifestations à distance permet de maintenir leur intensité, suggère Olga Belova.

Cependant, la population reste assez conservatrice dans ses revendications. La demande de certains grévistes d'abolir la base contractuelle de l'emploi est absolument contraire aux propositions du Conseil de Coordination. La principale ligne de protestation reste la légitimité. En revanche, le pouvoir Biélorusse tente de changer l'opinion publique en accusant l'opposition de promouvoir une libéralisation de l'économie. Dans le même temps, les mécanismes de concurrences existants entre les entreprises publiques sont utilisés pour étouffer les grèves. Selon Vytaly Dymarsky, le président a suffisamment de ressources pour garder le contrôle sur la situation.

En outre, la situation géopolitique de la Biélorussie entre l'UE et la Russie augmente le risque d’une stratégie plus sévères contre les manifestants, suggère David Teutrie.
D’une certaine manière, la pression internationale (bien que très modérée) exclut la possibilité d'éviter le dialogue avec l'opposition, mais ne contredit pas le discours selon lequel l’opposition est une minorité. Par conséquent, la communauté internationale influence, et bien sûr complexifie la transformation du régime politique, mais ce n'est pas le seul facteur qui déterminera l'issue de ces manifestations.